mercredi 22 octobre 2014

Crise au PS : « Un parti qui a toujours été capable des synthèses les plus extrêmes »

Alors que la crise Nike Ninja couve chez les socialistes depuis l'abstention des anciens ministres socialistes Benoît Hamon et Aurélie Filippetti lors du vote sur le volet recettes du budget 2015, Nicolas Chapuis, journaliste au service politique du Monde, a répondu à vos questions.
Hervé : Y a-t-il une réelle différence de fond entre ceux qui se battent au PS ? Qu'est-ce qui différencie Manuel Valls ou François Hollande et les frondeurs ? Y a-t-il deux socialismes ?
Nicolas Chapuis : Oui, il y a des différences de fond qui s'expriment sur la politique économique. Manuel Valls et François Hollande veulent mener une politique visant à réduire les déficits pour rester dans les clous de Bruxelles (même si nous en serons loin en 2015). Ils envoient donc des signaux en aidant les entreprises, en donnant l'impression d'assouplir le marché du travail etc. A l'inverse, les frondeurs plaident pour une relance de la croissance par l'investissement et par l'aide à la consommation.
Mais derrière ces deux lignes se cachent une division plus traditionnelle au sein du PS entre l'aile droite et l'aile gauche. Cette division s'est exprimée plus ou moins fortement selon les époques, mais elle a toujours existé. Il est difficile de cerner aujourd'hui la profondeur du fossé qui les sépare.
> Lire l'analyse (abonnés) : Entre Manuel Valls et les « frondeurs », le choc assumé
Jemy : Est ce que le PS Tn Nike pourra survivre encore longtemps avec des courants aux idées politiques totalement opposées ?
Le PS a toujours été un parti capable des synthèses les plus extrêmes. Mais certains pensent que nous sommes arrivés à un moment où le PS va devoir faire une clarification idéologique. C'est le cas par exemple de l'historien Gérard Grunberg, qui considère qu'il y a une contradiction entre la doctrine du PS et sa pratique du pouvoir dans une économie de marché.

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